Article paru sur le site des Jeunes Réformistes du Bas-Rhin
Avec 162 euros-députés, le groupe socialiste européen sort plus affaibli que jamais au terme de ces élections européennes. La gauche (PSE, GUE) et les écologistes (EG) européens tombent à
246 europarlementaires sur 736. Même en ajoutant les euro-députés centristes (80 -20% de moins qu’à la mandature précédente!), la droite dure (PPE, ID, UEN) obtient la majorité absolue. Reste à
savoir ce que feront les 94 non inscrits, mais quand on sait que les seuls non inscrits français sont les élus du Front National, cela laisse peu d’ espoir au camp progressiste européen pour
empêcher à José Manuel Barroso (PPE) de se faire ré élire à la présidence de la commission…
Le Parlement Européen est donc plus à droite que jamais, malgré une poussée des écologistes. Les conservateurs, mais aussi les souverainistes, nationalistes et néo-fascistes sortent renforcés.
Alors comment expliquer cette défaite de la gauche européenne?
On observe que bizarrement, la gauche a toujours du mal avec les crises. Les citoyens sont facilement attirés vers les discours démagogiques de la droite sur la sécurité, comme si le désordre
économique appellait un retour à l’ ordre moral. Les gauches européennes paient leurs tentations social-libérales de ces dernières décénies, et le retour à l’ idée de régulation des marchés et de
redistribution des richesses opéré ces derniers mois au sein de l’ ensemble des délégations du PSE est encore trop récent pour apparaître comme sincère.
Mais plus que cette ligne de fond européenne, il semblerait que partout en Europe, ce soient les préoccupations nationales qui aient largement pesé sur le scrutin.
En France, ça a déja été largement commenté ces derniers jours, les socialistes paient leurs divisions et leur manque de ligne politique claire et durable. Ceci étant dit, il faut maintenant
travailler à la reconquête, plutôt que de se lamenter ou de chercher des têtes à couper pour se donner bonne conscience. Il s’ agit de travailler dès maintenant à notre projet pour 2012, en
ouvrant nos réunions aux syndicalistes, aux chercheurs, aux artistes,… Cela a déja été fait ces derniers mois, et il s’ agit d’ amplifier et d’ accélerer cette ouverture du parti sur la société.
Mais ce scrutin nous prouve aussi que nous ne pourrons pas y arriver seuls. Nous devons travailler à l’ union de la gauche quelque soit sa forme (parti, front, rassemblement, …) dès les
régionales afin de présenter aux Français en 2012 un projet et un(e) candidat(e) unique, si ce n’ est au premier, au moins au second tour des présidentielles.
Enfin nous devons réfléchir dès maintenant aux modalités de désignation de notre candidat pour l’ élection suprème de la vie politique française, avec une seule optique: faire en sorte que la
primaire (ouverte ou non) ne tourne pas au massacre et offre au candidat (si possible de la gauche unie) une dynamique pour la victoire plutôt que des arguments à ses adversaires.
Un mot sur la campagne dans le Grand Est, menée par Catherine Trautmann, tête de liste déterminée et efficace sur le terrain. Dans notre grande région, nous étions de loin la formation qui a le
plus fait la campagne, tant dans les grandes villes que dans les villages de ce vaste territoire. L’ engagement de tous et notamment des militants du MJS 67 aux côtés de la candidate n’ aura pas
été payant puisque nous arrivons deuxième, bien que notre score soit tout à fait honorable au regard des résultats nationaux, dans une grande région classée à droite.
Merci Catherine!
Hervé Grasser